Jeudi 24 Juillet 2025
Et toi, tu gagnes combien ? Ce que j’ai appris en osant répondre
C’est une question toute simple, souvent posée à la légère, mais qui suffit à faire basculer l’ambiance lors d’un barbecue estival.
Une simple curiosité glissée entre deux discussions anodines :
« Et toi, tu gagnes combien ? »
Alors, on sourit poliment pour ne pas répondre et essayer de détourner la conversation.
Qu’il soit jugé trop bas ou trop élevé, ce chiffre semble toujours problématique. Comme s’il fallait à tout prix éviter de dire trop ou pas assez. Et ce malaise, on le retrouve partout, quel que soit l’âge, le métier ou le niveau de revenu.
Un récent article de Fast Company confirme ce malaise autour du salaire : seule une personne sur deux accepterait de révéler son salaire à un membre de sa famille, et à peine 32 % en parleraient à un ami proche.
Chez Mon Petit Placement et LiveMentor, on le constate régulièrement chez les personnes que l’on accompagne : elles ont toutes du mal à dire combien elles gagnent.
Comme si ce chiffre en disait trop sur elles, ou révélait quelque chose qu’elles préfèrent garder pour elles.
Alors, comment briser la glace sans transformer le dîner d’été en champ de mines ? C’est ce que nous allons voir dans cet épisode.
Pourquoi ai-je si honte de dévoiler mon salaire ?
Parler de ce que l’on gagne ne devrait pas être si difficile. Et pourtant, il suffit d’évoquer son salaire pour sentir l’inconfort monter.
La coach financière américaine Tammy Lally a mis un mot sur ce malaise dans une conférence TED vue près de deux millions de fois : « Soyons honnêtes sur nos problèmes d’argent ».
Elle y désigne la source de cette souffrance silencieuse par ce qu’elle appelle la money shame (la honte financière).
Et si son intervention touche autant de personnes, c’est parce qu’elle s’appuie sur une histoire bouleversante.
En 2006, son frère Keith met fin à ses jours. Il avait 40 ans. Deux mois auparavant, il lui avait demandé 7 500 dollars pour tenir le coup. Tammy Lally, alors conseillère financière, accepte de l’aider, à condition de pouvoir faire le point avec lui sur sa situation.
Au cours d’un rendez-vous, elle lui déroule une série de recommandations strictes : vendre sa maison, couper toutes les dépenses superflues, renoncer à tout ce qui dépasse le strict nécessaire. Keith repart sans mot dire, blessé, humilié.
Quand elle découvre les lettres de saisie et les factures impayées après sa mort, Tammy Lally comprend ce qu’elle n’avait pas vu : son frère n’avait pas besoin d’un budget, mais d’un espace pour exprimer sa peur, son isolement et sa honte.
Et c’est ce mot qu’elle pose alors, sans détour :
« La money shame, c’est la douleur de croire que notre valeur dépend de notre solde bancaire, de nos dettes ou de notre titre de poste. » Tammy Lally
Une phrase qui fait écho à cet épisode consacré au lien entre estime de soi et argent, cette confusion insidieuse entre ce que l’on gagne et ce que l’on vaut.
Que provoque la money shame ?
Ce malaise diffus que l’on ressent en parlant d’argent (et pas seulement de son salaire) n’est pas qu’une gêne passagère. Il infiltre nos comportements et finit par modeler notre rapport à l’argent.
La money shame installe :
- La honte, un sentiment que nous avions exploré dans cet épisode, avec des conseils concrets pour s’en libérer.
- Le silence : on évite les questions, on cache ses relevés bancaires et on préfère changer de sujet.
- L’isolement : on se persuade d’être le seul à ne pas savoir gérer son budget, et l’écart avec les autres paraît se creuser.
- Une spirale d’endettement : la honte retarde le moment où l’on ose demander de l’aide. Les difficultés financières s’aggravent, les retards s’accumulent et la culpabilité augmente.
- Des comportements extrêmes : certains dépensent au-delà de leurs moyens pour sauver les apparences, d’autres se privent de tout par crainte de manquer. Poussées à l’extrême, ces dérives peuvent mener à la dépression, voire au suicide, comme le raconte Tammy Lally au sujet de son frère Keith.
Si la money shame gagne si vite du terrain, c’est qu’elle s’appuie sur 3 peurs tenaces qui nous poussent à garder le silence et alimentent le malaise autour de la table.
D’abord, il y a la peur du jugement.
Derrière le malaise à dire combien l’on gagne se cache souvent la crainte d’être mal vu. Et cette tension vient de loin !
Pour beaucoup, elle puise dans des croyances transmises dès l’enfance (comme l’idée que l’argent est un sujet à éviter) ou dans une culture de la performance où notre valeur semble se mesurer à notre fiche de paie.
Alors, la réaction devient automatique : éluder la question, détourner la conversation, parfois compenser par des dépenses. Mieux vaut éviter que de subir le regard des autres.
Ensuite, il y a la peur du rejet (ou de perdre sa tribu).
Ceux qui nous entourent (amis, collègues, famille) forment souvent notre tribu. Et dans une tribu, on tient à rester à l’unisson. Tant que les chiffres ne sont pas exprimés, chacun imagine que les autres sont “à peu près dans la même zone”. Mais dire un montant précis, c’est faire apparaître une différence et risquer de rompre un équilibre implicite.
Alors les réponses deviennent vagues, les conversations évitent le concret, et certains adaptent leur rythme de vie à celui du groupe, même si leurs finances ne suivent pas. Par peur de sortir du lot, on préfère rester dans le flou.
Enfin, la peur du conflit.
Dans de nombreux foyers, l’argent déclenche tensions et disputes. Une seule remarque sur le budget commun ou la note au restaurant peut raviver de vieux désaccords. Par précaution, on préfère ne pas parler d’argent pour éviter le conflit.
Tant que ces 3 peurs restent à l’œuvre, le silence demeure et génère la gêne et la honte. Heureusement, il existe des solutions pour sortir de ce cercle vicieux.
C’est décidé, je sors de la money shame
Dans sa conférence Ted, Tammy Lally trace un chemin en 4 étapes, pour reprendre la main sur la honte financière.
Étape N°1 : nommer la honte
Tammy Lally le répète : tant qu’une émotion reste dans le brouillard, c’est elle qui mène la danse. Poser des mots clairs sur ce que l’on ressent revient à rallumer la lumière dans une pièce restée trop longtemps dans la pénombre.
Concrètement, prenez un carnet et écrivez, d’une traite : « J’ai honte parce que… »
Puis laissez venir. Peut-être que la phrase se prolonge par : « je gagne moins que mes amis », « mes dettes me dépassent », « je ne comprends rien à mon relevé de compte ».
Peu importe la forme, l’important est de sortir la honte de votre tête pour la coucher noir sur blanc. Le simple fait de la lire vous montrera qu’elle n’est qu’une pensée, pas une condamnation.
Tammy Lally explique dans sa conférence que la honte financière prospère tant qu’elle reste cachée ; la première libération consiste donc à la mettre en mots. Dès qu’elle est écrite ou dite, elle passe du secret à la conscience, et sa pression diminue déjà d’un cran.
Étape N°2 : retracer votre “histoire d’argent”
Tammy Lally demande toujours à ses clients de commencer par ce qu’elle appelle notre “histoire d’argent”. Pour cela, replongez‐vous dans trois éléments fondateurs :
- Quel est votre tout premier souvenir lié à l’argent ?
- Quelle est la phrase récurrente entendue pendant l’enfance au sujet de l’argent (par exemple « On n’est pas Rothschild », « Il faut dépenser pour être heureux ») ?
- Quelle était l’émotion dominante de cette période (fierté, peur, gêne, excitation…) ?
Ces 3 repères agissent comme un fil d’Ariane : ils font remonter à la surface les croyances familiales qui, souvent sans que nous le sachions, continuent de diriger nos réflexes financiers à l’âge adulte.
Écrire cette petite « autobiographie financière » ne prend que quelques minutes, mais elle éclaire d’un jour nouveau bien des automatismes !
Étape N°3 : regarder les chiffres en face
Une fois l’émotion et l’histoire clarifiées, place aux faits.
Ouvrez votre appli bancaire et identifiez une dépense récurrente (abonnement oublié, livraison réflexe, sortie que vous subissez plus que vous ne l’appréciez). L’exercice n’est pas de juger ni de tout chambouler, mais de rompre le cercle de l’évitement : les chiffres deviennent concrets et donc pilotables.
Étape N°4 : demander (puis accepter) de l’aide
Qu’il s’agisse d’un ami ou d’un conseiller professionnel, solliciter un regard extérieur bienveillant change la donne. Partagez un seul chiffre, ou une seule émotion, selon votre zone de confort. Cet échange brise l’isolement, ouvre la voie aux solutions et, surtout, prouve que vous n’êtes pas seul à naviguer avec ces questions.
Petit défi estival : lors d’un prochain dîner cet été, tentez une phrase simple, par exemple : « Le mois dernier, j’ai terminé à découvert ; je cherche des astuces pour éviter que cela se reproduise. » Vous serez surpris : bien souvent, quelqu’un répond « Moi aussi », ouvrant la porte à une conversation honnête, loin des comparaisons stériles.
Il y a 2 ans, Hannah Williams a lancé sur TikTok la série « Salary Transparent Street ». Avec un micro, elle sillonne les artères de grandes villes américaines et pose deux questions sans détour : « Quel est votre métier ? » et « Quel est votre salaire ? ».
La démarche peut sembler intrusive, pourtant, la plupart des personnes interrogées répondent avec une franchise désarmante. Leur naturel prouve qu’une conversation ouverte sur l’argent est possible. Elle ouvre simplement un espace où l’on échange des chiffres sans honte ni mise en compétition.
Je me forme pour briser le tabou autour de mes finances
Parler d’argent semble parfois maladroit, périlleux, voire carrément impensable.
Ce n’est, en aucun cas, un signe de faiblesse. On ne nous a jamais vraiment transmis les bases d’une relation saine à l’argent ni les clés pour en comprendre les rouages.
Nous sommes nombreux à nous sentir seuls, illégitimes, convaincus que les autres savent mieux.
La preuve, plus d’1 Français sur 4 ne sait pas gérer son argent, faute d’éducation financière, comme le souligne cet article de Mon Petit Placement.
Nous avons grandi dans l’idée qu’il ne faut pas aborder ce sujet à table, sans apprendre pour autant à l’aborder ailleurs. Or, comme n’importe quelle langue étrangère, la finance se découvre pas à pas, avec les bons outils.
C’est pour cela que nous vous ouvrons l’accès gratuit aux 3 premiers modules de la formation LiveMentor en Finances Personnelles.
Un programme clair, pratique, dépourvu de jargon, conçu pour celles et ceux qui veulent avancer sans se mettre la pression.
Cette formation n’a rien d’un cours magistral ; elle ne se résume ni à des schémas théoriques ni à une masterclass hors de portée.
Elle se présente plutôt comme un compagnon de route : un guide pratique et limpide pour celles et ceux qui n’ont jamais vraiment appris à apprivoiser leur argent, en d’autres termes, pour la plupart d’entre nous.
Au fil des modules, vous apprendrez les fondamentaux : constituer une épargne, comprendre les bases de l’investissement, préparer sereinement l’avenir. Vous découvrirez aussi comment vos biais psychologiques colorent vos décisions financières, parfois à votre insu, et comment les apprivoiser.
Surtout, vous poserez les premières pierres d’une gestion apaisée : un cadre simple, progressif, pensé pour restaurer la confiance sans chercher le diplôme d’expert.
Cliquez ici pour accéder aux 3 modules offerts.
Lever le tabou d’une vie autour de l’argent ne se fait pas en une soirée d’été, mais chaque prise de parole, chaque chiffre partagé, chaque émotion nommée ouvre une brèche.
Et peut-être qu’un jour, ce ne sera plus un tabou autour du barbecue, mais juste une conversation normale !
À très vite,
La rédaction du Tabou des Sous
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